VERVIER FERNAND |
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Présentation du témoinFernand Vervier travaillait, au moment de l’assassinat de Lumumba, au cabinet du ministre des Affaires africaines, il était une personne de confiance responsable des affaires financières. Il est l’auteur d’un important télex concernant le transfert de Lumumba au Katanga. L’audition revêt une importance particulière en ce qui concerne trois points : — le voyage que Vervier a fait avec Loos à Pointe Noire le 10 octobre 1960; — le rôle que Vervier a joué en janvier 1961, plus particulièrement le 16 janvier 1961; — les fonds secrets. Les questions suivantes sont dès lors pertinentes : 1. En tant que collaborateur du ministre d’Aspremont, Vervier a-t-il eu des contacts avec : — René Lefébure, chef de cabinet du Roi; — Edouard Pilaet (en quelle qualité ?); — Jo Gerard (en quelle qualité ?). 2. Son voyage à Pointe Noire (cf. télex concernant action 58613). Dans un télex du 16 octobre 1960, Loos fait savoir à Marlière : « Secundo. Arrivent sous peu (dates seront confirmées) Van Gorp ex sûreté et Pilaet privé pour action prévue. D’ordre du ministre coordination assurée par Marlière qui doit renseigner minaf, celui ci sauf urgence jugera opportunité. ». Quelle action doit être coordonnée ? La coordination suppose la collaboration de plusieurs personnes ou groupes ? Quels personnes ou groupes ? Quelle opportunité devait être jugée et quand l’action est-elle urgente ? Le 1er octobre, Marlière juge que l’action est opportune et il commence les préparatifs. Il écrit dans un télex à Loos : « Référence secundo votre télé 583 du 16. Des émissaires venant de Bruxelles ou Eville laissent entendre que minaf estimerait action opportune. J’estime personnellement qu’elle serait opportune sous conditions et qu’elle est possible. Je donne les ordres de préparation. Si minaf est d’accord je passerai à exécution. En cas d’accord je demande autorisation aller retour Bruxelles pour mise au point ou envoi délégué minaf ici. Il est inutile et dangereux de continuer à intervenir par personne interposée. ». Le 5 octobre, Loos fait savoir qu’il vient à Brazzaville en compagnie de Vervier pour discuter des affaires. « Primo. Vervier et moi viendront Brazza soit départ Paris le sept soit départ Paris le neuf suite télex, 1/10 au sujet de Joseph. S’agit d’un aller retour. Brazza me paraissant peu indiqué prière fixer endroit rendez-vous soit Pointe Noire soit Bangui soit Lamy soit autre endroit et faire réservations nécessaires à ce sujet. Accord préparation action. ». De quelle préparation s’agissait-il ? Reste également à savoir quels sont les souvenirs de Vervier à propos de ce voyage à la Pointe Noire ? 3. Son rôle en janvier 1961 Il ressort de l’étude des archives que Vervier était une personne de confiance du ministre. Quelque 25 % des minutes des télex du Minaf sont de sa main; sur les télex de Brazzaville (Dupret, Lahaye ou Marlière), on ne trouve que des paraphes du ministre, du chef de cabinet Callier et de Vervier. En termes de fréquence, les paraphes du témoin sont plus nombreux que ceux du chef de cabinet. À la lumière de ces données, il doit être possible de se souvenir du déroulement d’une journée au cabinet. Comment le département des Affaires africaines entraitil en possession des télex arrivés aux Affaires étrangères ? Qui analysait ces télex ? Qui formulait les réponses ? Vervier y était-il habilité par le ministre ? Parmi les télex du lundi 16 janvier 1961, le principal concerne le message crucial, de la main de Vervier, adressé à Tshombe :Télex Minaf à Consubel Eville, Minaf 06416/cab, 16 janvier 1961. << Pour Crener. A transmettre président Tshombe. Citation. Minaf Aspremont insiste personnellement auprès président Tshombe pour que Lumumba soit transféré Katanga dans les délais les plus brefs. Fin citation. Prière me tenir au courant >> Comment ces télex ont-ils été établis ? Quelle concertation y avait-il entre les Affaires étrangères et les Affaires africaines ? Quel rôle Vervier a-t-il joué à cet égard ? 4. Fonds secrets Il ressort de divers documents que Vervier était une personne de confiance du ministre en ce qui concerne les fonds secrets. Cela ressort du soutien accordé à Bomboko par l’intermédiaire de Hubert. a. Le soutien à Bomboko Il ressort du relevé des dépenses à charge des fonds secrets que Bomboko a bénéficié d’un montant de 6,3 millions de francs. À quoi ce soutien devait-il servir ou sous quelles conditions ce soutien a-t-il été accordé ? Servait- il à acheter le rétablissement des relations diplomatiques ou le transfert de Lumumba ? Hubert a sur lui une lettre de Vervier qui doit lui permettre d’encaisser 1,3 million de francs sur les fonds secrets à Brazzaville. Dans le relevé des dépenses, Hubert reçoit 6,3 millions de francs. Le détail des dépenses fait apparaître que ce montant doit être ventilé comme suit : 5 millions de francs destinés à Bomboko et 1,3 million de francs destinés à Hubert. Le dernier montant doit à son tour être ventilé comme suit : 900.000 francs destinés à un congrès de l’UNIMO, le parti de Bomboko, et 400.000 francs dont la destination n’est pas précisée. Il ressort des télex susmentionnés que la somme de 1,3 million de francs a été encaissée le 28 janvier 1961. Quant aux 5 autres millions, on ignore quand ils ont été encaissés. Il est possible que ces fonds (ou une partie de ceuxci) aient servi au rétablissement des relations diplomatiques ou, du moins, à inciter Bomboko à hâter la signature et l’envoi de la lettre de Kasa Vubu au Roi Baudouin. Aucune preuve n’atteste véritablement cette thèse, si ce n’est le témoignage selon lequel un courrier de Dupret a remis des billets de banque à Bomboko personnellement.b. Le transfert de deux millions sur le compte de Vervier La veille du transfert de Lumumba, Loos adresse à Marlière un étrange télex crypté, dans lequel il est question du virement sur le compte de Fernand Vervier d’un montant de deux millions provenant de Brazzaville. (Télex crypté Loos à Marlière, Minaf 06116/cab, 16 janvier 1961). Dans ce télex, Loos demande à Marlière de verser deux millions de Brazzaville sur le compte de Vervier. « Sur crédits que vous connaissez » fait ici sans aucun doute allusion aux fonds secrets (les vingt millions). Le transfert financier pose des problèmes. Le 18 janvier, Marlière fait savoir que le virement a bien été effectué. Le 31 janvier, Loos demande, une nouvelle fois dans un télex crypté (Minaf 17531 du 31 janvier 1961), où reste l’argent. Marlière répond que l’opération a été réglée télégraphiquement le 19 janvier et que son compte a été débité (télex 16b du 2 février 1961). Le 7 février, c’est Marlière qui, depuis Bruxelles — où il séjourne quelques jours pour des entrevues — demande à Brazzaville d’examiner ce qui s’est passé d’anormal en ce qui concerne ce virement. Brazzaville répond que l’on examine l’affaire. Ces problèmes révèlent clairement que l’argent n’était pas destiné à Vervier, mais à Loos : « Jules n’a pas reçu fonds versés ». |
VAN LIERDE JEAN HOCKERS MARYSE DURIEUX JEAN CORDY JEAN NYNS JACQUES NDELE ALBERT NENDAKA VICTOR KALONJI ALBERT GROSJEAN RENE SMAL RENE GRANDELET CLAUDE SPANDRE MARIO VERDICKT ARMAND BARTELOUS JACQUES DAVIGNON ETIENNE BRASSINNE JACQUES VANDEN BLOOCK JAN KIBWE JEAN-BAPTISTE HARMEL PIERRE HEUREUX PAUL ONAWELHO ALBERT VERHAEGEN BENOIT VERVIER FERNAND LAHAYE ANDRE MUKAMBA JONAS WEBER GUY GILSON ARTHUR HUYGHE CHARLES (CARLO) BOMBOKO JUSTINE GERARD JO HOLLANTS VAN LOOCKE JAN VANDERSTRAETEN LOUIS FRANCOIS |
TémoignageFernand Vervier a été entendu par la commission d’enquête à huis clos les 18 juin et 3 septembre 2001.
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Données biographiquesNé à Dalhem (Visé) le 1er mars 1920. Formation : docteur en droit (Liège). Licencié en sciences administratives et politiques. Licencié en sciences commerciales. En Afrique : administrateur territorial de 1946 à 1959. Chef de la coopération belge de 1965 à 1975. Divers : Cabinet du ministre van Hemelrijk. Cabinet du ministre De Schryver. Cabinet du ministre d’Aspremont Lynden. Administrateur de diverses sociétés qui sont notamment actives au Congo. |