WEBER GUY |
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Présentation du témoinLe major Weber était le conseiller militaire du président Tshombe et a participé, en cette qualité, à tous les événements importants qui se sont déroulées au Katanga. Il entretenait en outre des contacts réguliers avec René Lefébure, le chef de cabinet du Roi. Questions importantes : 1. Qui l’avait désigné (et pour combien de temps) pour exercer sa fonction, et qui était son supérieur hiérarchique ? 2. Le 12 juillet 1960, au début de la sécession katangaise, Lumumba et à Kasa Vubu se voient refuser le droit d’atterrir à l’aéroport d’Elisabethville. Dans une lettre adressée à la commission, le témoin écrit : « J’ai interdit l’atterrissage ». Jusqu’à présent, le ministre Munongo avait toujours été désigné comme étant celui qui aurait interdit l’atterrissage. Quel a été exactement le rôle de Weber ? Lumumba aurait été lynché. Par qui ? Les troupes belges n’offraient-elles pas une protection suffisante ? 3. Quand il est venu à Bruxelles avec les ministres katangais, début août, ont-ils été reçu par le Roi ? Fut-il question de Lumumba ? 4. Connait-il le pilote d’avion Arsène Ruwet (c’est lui qui a ramené Lumumba à Léo après sa capture en décembre avec Pongo, et qui a insisté pour amener Lumumba à Elisabethville) ?5. A la mi-décembre 1960 s’est tenue une Conférence des Etats francophones africains à Brazzaville. Weber était présent, comme Tshombe, Kasa Vubu, Bomboko, Kamitatu, Ileo, Mobutu, Bolikango, Kimba. Parmi les Belges présents, on cite Weber et Bartelous, les proches de Tshombe. Y avait-il d’autres Belges présents ? A cette conférence, il fut question du sort de Lumumba. Comment a-t-on évoqué l’avenir de celui-ci ? Fut-il question de son transfert à Bakwanga ? A Elisabethville ? 6. La demande de transfert de Lumumba. — Quand a-t-il entendu parler, pour la première fois, d’un éventuel transfert ? — Se souvient-il de réunions avec d’autres Belges durant lesquelles le sujet a été abordé ? Ou avec des personnalités katangaises ? — Le témoin a-t-il déconseillé le transfert ? À qui ? À quelle occasion ? — A-t-il pu prendre connaissance de messages échangés entre Léopoldville/Brazzaville et Élisabethville à propos du transfert ? Selon Verdickt, Weber aurait été un intermédiaire chargé de transmettre un message à Tshombe le samedi 14 janvier. Est-ce exact ? — Quand le témoin a-t-il, pour la première fois, entendu parler de Mpolo et de Okito à propos du transfert? 7. L’arrivée de Lumumba. — Le témoin s’est rendu à l’aérodrome au moment de l’arrivée de Lumumba. Qui l’en a averti ? Où se trouvait- il lorsque l’information lui a été communiquée ? Pourquoi s’y est-il rendu ? Qu’y a-t-il vu ? — Qu’a-t-il fait ensuite ? Où s’est-il rendu après, et avec qui a-t-il eu un contact ? Se souvient-il d’une réunion à la gendarmerie ? Et au soir, chez Clemens ? 8. La mort de Lumumba. — Qu’est-il advenu, selon le témoin, de Lumumba et de ses codétenus au cours de la soirée et de la nuit du 17 janvier ? Ont-ils été assassinés dans la maison Brouwez ou dans la brousse ? — D’où le témoin tient-il cette information ? Quand et par qui a-t-il appris les premières nouvelles ? — Se souvient-il de la commémoration qui s’est tenue dans la cathédrale en l’honneur des officiers tombés au champ d’honneur le mercredi 18 janvier, le lendemain de l’arrivée de Lumumba ? — Le colonel Vandewalle a-t-il enquêté ? — Le témoin connaissait-il Verscheure ? — Le témoin connaissait-il le capitaine Gat ? — Le témoin a un jour déclaré : « Les Belges auraient pu l’éviter ». Qu’entendait-il par là ? 9. A-t-il informé Bruxelles ? Quand et qui précisément ?10. Weber a entretenu une correspondance régulière avec René Lefébure, chef de cabinet du Roi. Il informait celui-ci des événements du Katanga. A-t-il commencé cette correspondance de sa propre initiative ou à la demande de Lefébure ? 11. Dans une de ses lettres, Weber fait mention de la rencontre qui a eu lieu entre Tshombe et Mobutu le 16 octobre 1960. À ce propos, il écrit ce qui suit : a. Lettre de Weber à Lefébure, 19 octobre 1960 : « Monsieur le Chef de Cabinet — Vous trouverez cijoint quelques papiers qui forment synthèses de périodes. Le départ de Monsieur Rothschild a laissé un grand vide. Il était réellement un grand Ambassadeur et nous nous sentons actuellement un peu livrés à nous-mêmes. Voici en deux mots les grands problèmes de l’heure : — Tshombe a rencontré Mobutu. Excellente entrevue. En échange d’un certain appui financier, Mobutu suit les conseils : status quo jusqu’au 31 décembre — On attend que la situation s’éclaircisse — On neutralise complètement (et si possible physiquement …) Lumumba. — Il est dans le domaine du possible que dans une déclaration, Kasa Vubu et Mobutu reconnaissent une souveraineté du Katanga, au sein d’une confédération. — (…) — Vous priant d’assurer Sa Majesté de mon plus parfait dévouement, je vous prie d’agréer, Monsieur le Chef de Cabinet, l’expression de mes sentiments très respectueux. ». On sait peu de choses sur la visite que Mobutu a rendue à Tshombe. Dans l’agenda de Weber, on peut lire : b. Note du journal de Weber, 13 octobre 1960 : « Mobutu demande à venir voir/ Tshombe — en civil et incognito ». c. Note du journal de Weber, 16 octobre 1960 : « Arrivée Mobutu et Cdt. Puati/ à 8.30 au Boeing. On les/ enlève pour les conduire à la/ Résidence ». d. Extrait des mémoires de Van Bilsen : « Ik ben ook Robert Rothschild, op dat moment consul- generaal van België en de man van Spaak in de Katangakwestie, gaan groeten. Ik ontmoette bij hem de Luikse hoogleraar Clemens, die de grondwet van de staat Katanga moest opstellen. Ondertussen was ook kolonel Mobutu in burger te Elisabethstad aangekomen en hij werd er door de Belgische kolonel Weber verwelkomd ». Weber était-il présent lors de l’entrevue entre Tshombe et Mobutu ? Qui lui a fait rapport sur cet entretien ? Estime-t-il que la relation qu’il en fait dans sa lettre à Lefébure est conforme à la vérité ? Que doit-on entendre par « neutralisation physique » ? 12. Le 30 janvier 1961, Clemens est à Bruxelles. Il avait été convoqué par le ministre d’Aspremont, qui aurait également bien voulu rappeler Weber à Bruxelles. Pourquoi cette convocation ? Est-ce en relation avec Trinquier et l’influence de la France ? Ou est-ce en rapport avec Lumumba ? Clemens demande lui-même un entretien avec le Roi Baudouin. Le témoin en a-t-il un quelconque souvenir ? Pourquoi Clemens voulait-il s’entretenir avec le Roi ? Estce en rapport avec Trinquier ou Lumumba ? Que sait le témoin du rôle de l’Union Minière ? 13. Dans l’agenda de Weber, on peut lire : « 16 janvier : Départ colonel Vandewalle-Albertville. 21 janvier : Atterrissage colonel Vandewalle et Crévecoeur rentrant d’Albertville. ». Entre le 16 et le 21 janvier, il n’y a rien les concernant. Doit-on conclure que le colonel Vandewalle n’était pas présent le 17 janvier à Elisabethville ? 14. Si tous les conseillers belges au Katanga étaient contre la venue de Lumumba, pourquoi le ministre d’Aspremont Lynden était-il pour ? Est-ce la pression de d’Aspremont qui a conduit Tshombe à accepter Lumumba ? Si non, si Tshombe était insensible à ce type de pression, pourquoi le ministre d’Aspremont a-t-il pris la peine d’insister fortement ? 15. D’après Brassinne, Weber aurait dit, après l’arrivée de Lumumba : « on l’a voulu, on l’a eu, et maintenant on est bien « embêté » ». Pourquoi « on l’a voulu » ? 16. Dans son livre « Le Katanga de Moïse Tshombe », au chapitre 22, Weber écrit que les « coordonnées » de la maison Brouwez où sera interné Lumumba avaient été choisies par Munongo. Cette maison était effectivement vide, et son propriétaire absent. Et cette maison était proche de l’aéroport. Mais comment Munongo, que l’on disait surpris, comme les autres Katangais, de l’arrivée impromptue de Lumumba, a-t-il trouvé le temps de sélectionner cette maison, entre l’arrivée des prisonniers et le transport de ceux-ci dans la villa Brouwez, rejointe après une découpe du grillage entourant l’aéroport, grillage qu’il a fallu aussi « aménager » ? La capacité des Katangais ne fut-elle pas remarquable pour des gens pris au dépourvu ?17. Weber écrit dans son livre cité plus haut, p.178 : « Avant que la passerelle ne fut approchée de l’appareil, il projetèrent sur le tarmac une masse humaine informe, mais volumineuse (les trois prisonniers attachés) ». Maintient-il cette version ? 18. Pourquoi n’avoir pas tranféré Lumumba à l’hôpital, compte tenu de son état, ou directement en prison ? 19. Pourquoi aucune initiative n’a-t-elle été prise pour sauver les prisonniers ? 20. Quel fut le rôle de Nendaka dans le choix de transférer Lumumba hors de Léopoldville ? Rencontre-til Nendaka le 22 janvier ? Est-il au courant de la mort de Lumumba ? Si non, est-il mis au courant ? 21. Comment a-t-il appris la mort de Lumumba, quand, et à qui a-t-il transmis l’information ? Ne devait-il pas, sous peine de faute grave, prévenir Buxelles de cette situation qui mettait la Belgique en difficulté ? Son devoir de soldat, ses contacts avec la Cour, avec Lefébure, avec les ministres, dont Eyskens, ne l’obligeaient-ils pas à informer immédiatement ces interlocuteurs. 22. Dans la partie « Notes » de l’agenda de Weber, en face de la date du 1er février, il y a un texte : « La bouteille à encre ! Le gouvernement katangais a choisi un colonel français pour commander les Forces Armées. Le gouvernement m’a demandé d’être celui qui rallie les cadres belges autour du nouveau chef français. J’ai accepté cette mission sous réserve d’approbation complète du gouvernement belge. Si le Roi me demande d’accomplir cette mission, j’accepte. ». La question est : le Roi lui demandait-il souvent d’accomplir des missions ? 23. Le 3 février dans l’agenda, on peut lire en haut de la page : « C’est aujourd’hui qu’il faut DECIDER (sic ) ». Que faut-il décider aujourd’hui ? (C’est le 3 février que le colonel Depireux reçoit d’Elisabethville l’information de la mort de Lumumba, en fin de matinée. Or il y a, d’après l’agenda Weber, un conseil des ministres katangais vers 10h du matin. Y a-t-il un lien ?). 24. Weber était-il en contact avec le cabinet Gilson, par l’intermédiaire d’un ami ? Qui était-ce ? Etait-il en contact avec le colonel Depireux ? Le 3 février, lui a-t-il communiqué l’information de la mort de Lumumba ? Si non, pourquoi Weber n’a-t-il pas communiqué cette information au cabinet de la Défense ? 25. A la date du 13 février 1961, on peut lire dans l’agenda : « On annonce ce soir officielement la mort de Lumumba. What a drama ! « Qu’entend-il par là ? Comment est mort Lumumba, selon le témoin ? 26. Le témoin connait-il Jo Gerard ? |
VAN LIERDE JEAN HOCKERS MARYSE DURIEUX JEAN CORDY JEAN NYNS JACQUES NDELE ALBERT NENDAKA VICTOR KALONJI ALBERT GROSJEAN RENE SMAL RENE GRANDELET CLAUDE SPANDRE MARIO VERDICKT ARMAND BARTELOUS JACQUES DAVIGNON ETIENNE BRASSINNE JACQUES VANDEN BLOOCK JAN KIBWE JEAN-BAPTISTE HARMEL PIERRE HEUREUX PAUL ONAWELHO ALBERT VERHAEGEN BENOIT VERVIER FERNAND LAHAYE ANDRE MUKAMBA JONAS WEBER GUY GILSON ARTHUR HUYGHE CHARLES (CARLO) BOMBOKO JUSTINE GERARD JO HOLLANTS VAN LOOCKE JAN VANDERSTRAETEN LOUIS FRANCOIS |
TémoignageGuy Weber a été entendu par la commission d’enquête, à huis clos, le 13 juillet 2001.
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Données biographiquesNé à Etterbeek, le 22 octobre 1921. Grade : commandant, major commissionné, retraité le 1er janvier 1977 au grade de lieutenant-colonel. Formation : 1. École des Cadets (5 ans, de 1936 à 1940). 2. Université coloniale d’Anvers. 3. Infanterie. En Afrique : Du 1er septembre 1949 au 31 mars 1953. Du 1er septembre 1960 au 15 novembre 1962 (en tant qu’officier de liaison). Conseiller militaire de Tshombe. Divers : a étudié durant la Seconde guerre mondiale à la Koloniale hogeschool d’Anvers. Y fut chef de la résistance. Dut fuir et aboutit en Grande- Bretagne. Revint en Belgique avec la brigade Piron, avec le grade de sous-lieutenant. Fut aide de camp du Roi Léopold III dès le 1er avril 1976. Aujourd’hui : toujours en service auprès de la Princesse Lilian. |